Page d'acceuil Courrier international Courrier international sport
en dessins
Croc-en-jambe
Le sport inspire les dessinateurs de presse du monde entier qui se délectent des succès et des déconvenues des sportifs les plus médiatiques...


Pékin accueille les Jeux olympiques
La 29e édition des Jeux olympiques d'été s'est déroulée du 8 au 24 août dans la capitale chinoise. La Chine a profité de cet événement planétaire pour montrer une autre image. Les avis sont partagés.

Jorge Linares Le boxeur vénézuélien Jorge Linares vit et s'entraîne au Japon depuis 2002 - AFP
imprimer l'article

BOXE
Le Japon attire l'élite mondiale

Au cours des dix dernières années, plusieurs boxeurs étrangers ont succombé au charme de l'archipel. Une aubaine pour les fans et pour les pugilistes nippons.

Ces derniers temps, plusieurs boxeurs étrangers ont tour à tour débarqué au Japon, non pour affronter leurs homologues japonais, mais pour s'y installer. Ils sont venus chacun pour des raisons différentes. Jorge Linares y vit depuis 2002. "Ma venue au Japon a été la plus grande chance de ma vie. Au Venezuela, je n'avais pas la possibilité de m'entraîner suffisamment, et il y avait peu d'entraîneurs là-bas. Par chance, quelqu'un m'a pistonné pour entrer dans une salle de boxe au Japon, et c'est ainsi que j'ai pu venir. Les avantages que j'ai trouvés en arrivant ici ont été très nombreux", raconte-t-il. On a du mal à imaginer ce garçon de 21 ans aux traits réguliers sur un ring, engagé dans un combat violent. Pourtant, son palmarès est étonnant. Depuis qu'il est passé professionnel, il a remporté 23 victoires, dont 14 par KO, et n'a enregistré aucune défaite. Il est classé numéro deux mondial dans la catégorie poids plume de la World Boxing Council (WBC) et numéro un de la World Boxing Association (WBA), les deux grandes fédérations mondiales de boxe anglaise. C'est un boxeur très prometteur. "Je ne rentrerai pas dans mon pays avant d'être champion", affirme avec conviction Jorge Linares.

On peut se demander pourquoi tant de boxeurs étrangers ont choisi de vivre au Japon. Selon l'écrivain Isao Hara, "ce phénomène n'est pas seulement lié au Japon : on constate des flux d'athlètes un peu partout dans le monde. Dans le milieu de la boxe, comme dans d'autres sports, les frontières tendent à disparaître." La présence d'étrangers dans le milieu de la boxe au Japon remonte aux années 1970, avec l'arrivée de pugilistes africains. Par la suite, les changements spectaculaires induits par la perestroïka de Gorbatchev et plus tard par la disparition de l'Union soviétique, en 1991, ont incité une partie de l'élite sportive à quitter les pays communistes pour s'installer à l'étranger. Mis à part le cas du poids lourd Peter Okhello, la particularité du Japon est d'attirer des boxeurs plutôt légers. "Sur le marché de la boxe, les grands pays sont les Etats-Unis, l'Europe et ensuite le Japon. Si l'on écarte l'Europe, qui privilégie l'aspect technique, l'Amérique apprécie surtout la catégorie poids lourd alors que le Japon préfère les poids relativement légers. C'est une question d'offre et de demande, la tendance veut qu'au Japon il soit plus facile d'attirer des boxeurs de poids léger", remarque M. Hara.

On voit de plus en plus de boxeurs étrangers dans l'archipel, mais ils ne sont pas tous de même nationalité, et les raisons et objectifs qui les ont poussés à venir au Japon sont très différents. Chaque boxeur a sa propre histoire. Après avoir travaillé sur la base militaire américaine de Yokosuka et s'être marié avec une Japonaise, Charles Bellamy, 25 ans, qui fait maintenant partie de la salle Nakaya de Hachioji, à Tokyo, est resté au Japon, où il s'est mis à la boxe. Il y a pratiqué cette discipline un peu moins de deux ans en amateur et est passé professionnel en mai 2006. Depuis, il a gagné les cinq combats auxquels il a participé. "D'ici peu de temps, il sera en mesure de viser le championnat du Japon", affirme le président de la salle, Hirotaka Nakaya, confiant dans les talents de son protégé. Pendant la journée, Charles Bellamy enseigne l'anglais et, le soir, il s'entraîne à la salle Nakaya. S'il a commencé la boxe, c'était au départ pour se muscler. Il n'avait presque jamais pratiqué ce sport avant de commencer à fréquenter la salle Nakaya, où il a appris les bases. Quant à son choix de continuer au Japon, il s'en explique. "Toute ma vie est au Japon : ma famille, mon travail, ma salle de boxe. Ce serait dur de tout transférer aux Etats-Unis. Et puis c'est un pays que j'aime beaucoup. J'adore la culture japonaise. C'est la raison pour laquelle j'entends continuer à boxer ici."

Reste à déterminer l'influence que cette présence de boxeurs étrangers peut avoir sur la boxe japonaise. "Le fait que des champions de renommée internationale comme Edwin Valero et Jorge Linares s'entraînent avec des boxeurs japonais a, selon moi, une grande influence, et pas uniquement sur le plan de la technique et des méthodes d'entraînement. On peut espérer que les boxeurs japonais seront motivés par l'exemple de ces athlètes de classe mondiale et qu'ils s'entraîneront aussi dur", ajoute Isao Hara. Pour les amateurs de boxe, il y a aussi des avantages à pouvoir côtoyer des boxeurs de cet acabit, car cela leur permet de voir que ce sport ne résume pas seulement aux exploits des frères Kameda, dont l'aîné, Koki a été champion des mi-mouches WBA.

Takashi Nii,
Yomiuri Shimbun

© Courrier international 2007 | Fréquentation certifiée par l'OJD | ISSN de la publication électronique : 1768-3076 | contact