Le monde de la boxe ne parvient pas à trouver de nouveaux champions - AFPimprimer l'article
ÉTATS-UNIS
Le combat qui doit sauver la boxe
De la boxe à son meilleur niveau. C'est ce qu'espèrent voir les passionnés de ce sport lors du combat pour le titre mondial des superwelters qui opposera, le samedi 5·mai à Las Vegas, les boxeurs américains Oscar De La Hoya et Floyd Mayweather. Ce match pourrait être déterminant pour l'avenir de cette discipline.Portée par une campagne publicitaire massive (à la télévision, à la radio, dans la presse écrite, sur Internet) et soutenue par divers sponsors, la rencontre entre Oscar De La Hoya et Floyd Mayweather·Jr sera retransmise en pay per view dans 176·pays et devrait rapporter plus de 100·millions de dollars, ce qui en ferait l'une des plus rentables de l'Histoire.
L'industrie de la boxe, naguère l'un des premiers sports américains, est aujourd'hui très critiquée et joue gros avec The World Awaits [le monde attend]. De La Hoya, 34·ans, l'un des très rares champions à déplacer encore les foules, contre Mayweather, 30·ans, le meilleur boxeur du monde toutes catégories confondues·: voilà de quoi répondre aux fans qui se plaignaient de ne pas avoir assez de supercombats. L'événement sera-t-il à la hauteur du battage promotionnel·?
Certaines décisions d'arbitrage discutables et des organisateurs essentiellement soucieux de rentabilité ont dégoûté de nombreux fans, pour qui la boxe professionnelle est désormais un sport désorganisé dont les règles varient d'un Etat à l'autre. La prolifération des fédérations a provoqué un afflux de champions sans personnalité, et les gens ont du mal à s'intéresser au noble art. "La boxe est manifestement mal en point aujourd'hui. ‘Le poisson pourrit toujours par la tête', dit le proverbe", confie David Carter, qui dirige l'Institut de l'économie du sport de l'Université de Californie du Sud. Si on ne met pas le paquet dans la catégorie des poids lourds, on n'a pas de grands champions. Et la multiplicité des champions nuit à la crédibilité de la boxe."
Le noble art n'a pas eu de champion incontesté en lourds depuis que Lennox Lewis s'est retiré, en 2001. Quatre hommes –·dont trois originaires de l'ancienne Union soviétique·– prétendent aujourd'hui au titre qui était jadis le plus envié, celui de champion du monde des poids lourds. La perte de prestige touche aussi les catégories plus légères. "C'est la dégringolade, ajoute Carter. La seule chose qui freine cette spirale descendante, c'est quand on a un De La Hoya et un Mayweather (deux anciens champions olympiques bien connus)·: eux sont en mesure d'assurer. Regardez qui sont les champions aujourd'hui. Si l'on ne peut pas faire une promotion agressive pour ce combat, pour qui peut-on le faire·?"
"Golden Boy" contre "Pretty Boy"
The World Awaits – le slogan se révélera peut-être bien choisi, surtout si le combat De La Hoya contre Mayweather dépasse 1,98 million de commandes et les 112·millions de dollars de recettes en pay per view, le record atteint par le match Lennox Lewis-Mike Tyson pour la ceinture mondiale des poids lourds en 2002.
De La Hoya avait à peine commencé sa carrière qu'il obtenait une médaille d'or aux Jeux olympiques de Barcelone de 1992, qui lui valait d'être surnommé Golden Boy. Depuis, De La Hoya, qui a été champion du monde dans six catégories de poids, est le seul boxeur non poids lourd à attirer les foules et le meilleur promoteur du noble art. Samedi, ce sera la deuxième fois que sa société, fondée il y a six ans, sera le principal organisateur d'un combat qu'il dispute.
De La Hoya était revenu en mai 2006, après une absence de vingt mois, pour mettre K.-O. Ricardo Mayorga et remporter la ceinture des superwelters de la WBC. L'événement était présenté par Golden Boy Promotions, en association avec Don King Productions, le promoteur de Mayorga. Ses 17·combats diffusés en pay per view sur HBO ont été achetés 10,4·millions de fois et ont rapporté 462·millions de dollars. De La Hoya va dépasser Tyson et Hollyfield en termes d'audience.
La réputation de "Pretty Boy" Floyd Mayweather devrait l'y aider. Mayweather, qui apparaît pour la troisième fois seulement en tête d'affiche en pay per view, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de 1996 et champion du monde dans quatre catégories de poids, est invaincu à ce jour. "C'est le plus gros combat de sa carrière et une plate-forme dont la plupart des athlètes ne peuvent que rêver, confie Mark Taffet, qui est en charge du sport et du pay per view sur HBO. Floyd a travaillé dur pour en arriver là. Il a été super pendant la campagne de promotion. Il sait que ce combat est important pour son avenir." Et peut-être plus important encore, pour l'avenir de la boxe.
L'industrie de la boxe, naguère l'un des premiers sports américains, est aujourd'hui très critiquée et joue gros avec The World Awaits [le monde attend]. De La Hoya, 34·ans, l'un des très rares champions à déplacer encore les foules, contre Mayweather, 30·ans, le meilleur boxeur du monde toutes catégories confondues·: voilà de quoi répondre aux fans qui se plaignaient de ne pas avoir assez de supercombats. L'événement sera-t-il à la hauteur du battage promotionnel·?
Certaines décisions d'arbitrage discutables et des organisateurs essentiellement soucieux de rentabilité ont dégoûté de nombreux fans, pour qui la boxe professionnelle est désormais un sport désorganisé dont les règles varient d'un Etat à l'autre. La prolifération des fédérations a provoqué un afflux de champions sans personnalité, et les gens ont du mal à s'intéresser au noble art. "La boxe est manifestement mal en point aujourd'hui. ‘Le poisson pourrit toujours par la tête', dit le proverbe", confie David Carter, qui dirige l'Institut de l'économie du sport de l'Université de Californie du Sud. Si on ne met pas le paquet dans la catégorie des poids lourds, on n'a pas de grands champions. Et la multiplicité des champions nuit à la crédibilité de la boxe."
Le noble art n'a pas eu de champion incontesté en lourds depuis que Lennox Lewis s'est retiré, en 2001. Quatre hommes –·dont trois originaires de l'ancienne Union soviétique·– prétendent aujourd'hui au titre qui était jadis le plus envié, celui de champion du monde des poids lourds. La perte de prestige touche aussi les catégories plus légères. "C'est la dégringolade, ajoute Carter. La seule chose qui freine cette spirale descendante, c'est quand on a un De La Hoya et un Mayweather (deux anciens champions olympiques bien connus)·: eux sont en mesure d'assurer. Regardez qui sont les champions aujourd'hui. Si l'on ne peut pas faire une promotion agressive pour ce combat, pour qui peut-on le faire·?"
"Golden Boy" contre "Pretty Boy"
The World Awaits – le slogan se révélera peut-être bien choisi, surtout si le combat De La Hoya contre Mayweather dépasse 1,98 million de commandes et les 112·millions de dollars de recettes en pay per view, le record atteint par le match Lennox Lewis-Mike Tyson pour la ceinture mondiale des poids lourds en 2002.
De La Hoya avait à peine commencé sa carrière qu'il obtenait une médaille d'or aux Jeux olympiques de Barcelone de 1992, qui lui valait d'être surnommé Golden Boy. Depuis, De La Hoya, qui a été champion du monde dans six catégories de poids, est le seul boxeur non poids lourd à attirer les foules et le meilleur promoteur du noble art. Samedi, ce sera la deuxième fois que sa société, fondée il y a six ans, sera le principal organisateur d'un combat qu'il dispute.
De La Hoya était revenu en mai 2006, après une absence de vingt mois, pour mettre K.-O. Ricardo Mayorga et remporter la ceinture des superwelters de la WBC. L'événement était présenté par Golden Boy Promotions, en association avec Don King Productions, le promoteur de Mayorga. Ses 17·combats diffusés en pay per view sur HBO ont été achetés 10,4·millions de fois et ont rapporté 462·millions de dollars. De La Hoya va dépasser Tyson et Hollyfield en termes d'audience.
La réputation de "Pretty Boy" Floyd Mayweather devrait l'y aider. Mayweather, qui apparaît pour la troisième fois seulement en tête d'affiche en pay per view, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de 1996 et champion du monde dans quatre catégories de poids, est invaincu à ce jour. "C'est le plus gros combat de sa carrière et une plate-forme dont la plupart des athlètes ne peuvent que rêver, confie Mark Taffet, qui est en charge du sport et du pay per view sur HBO. Floyd a travaillé dur pour en arriver là. Il a été super pendant la campagne de promotion. Il sait que ce combat est important pour son avenir." Et peut-être plus important encore, pour l'avenir de la boxe.
Chuck Johnson,
USA Today










